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Les Indignés de Nîmes à Paris :

Compte rendu des journées d’action contre les Banksters à Paris 16, 17 et 18 09 2011 

16.09.2011

Départ en voiture en fin de matinée vers Paris de 4 personnes. Nous tenterons de rejoindre les Marches pendant leur dernière halte avant Paris. En roulant vers le Nord nous obtenons des informations sur les positions des marcheurs : la Marxa Mediterranea est hébergée pour la nuit à Gentilly dans un squat et dispose de peu de places pour nous loger la nuit. Nous contactons Oskar, de la Marcha de la Meseta (Madrid) qui nous dit que les Indignados seront ce soir sur une place de Bagneux ou ils camperont avec les marcheurs de Toulouse qui se sont joint à eux.

Direction Bagneux donc où nous arrivons un peu avant la nuit. Les marcheurs sont déjà réunis en assemblée depuis un bon moment. Le député maire de Bagneux est là et explique les actions de sa Mairie (social, environnement). Tout cela paraît bien dérisoire, malgré la visible bonne volonté de l’élu. Il explique que sa commune est une des plus pauvres de la région Parisienne, ce qui rendra encore plus patent, plus tard, le manque de coopération de la Mairie de Paris qui parait-il « n’a pas les moyens » d’aider les Marcheurs.

Ensuite est expliqué la journée de demain, d’abord marche de Bagneux jusqu’à la Cité Universitaire, avec jonction de la Marxa Mediterranea Porte de Gentilly, puis repas et assemblée à la Cité U jusque vers 15 h, puis manifestation jusqu’à Bastille.

Nous nous mêlons aux marcheurs. Certains des ‘Méditerranéens’ sont là, Ollie, Kevin, ‘Rasta’ (Ludo) et d’autres…On fraternise et discute jusque vers deux heures du matin. Le camp s’est monté et il y a au moins une cinquantaine de tentes sous un chapiteau de guirlandes électriques installés pour Noël et laissé en place à la demande des habitants qui ont trouvé ça ‘joli’. Certes, et cela nous fait un ciel de petites étoiles bleues, les autres, les vraies étant presque éteintes par les lumières de la ville qui gronde au loin. Le campement s’endort, ‘bercé’ par les cris et les disputes des jeunes qui zonent sur la place, on se croirait Place de la Maison Carrée…

17.09.2011

Lever 7h30 au son de la guitare et du didjeridoo (très agréable). En une heure le café est servi, les tentes pliées, les bagages et la cuisine rangés dans les véhicules accompagnateurs. La place est laissée ‘nickel’, pas un papier qui traîne, poubelles rangées et triées. Cela se fait sans hésitations, en coopération spontanée et efficace. Les marcheurs se sont aguerris. 

Nous partons à pied avec les marcheurs, précédés de la ‘commission route’ à vélo ou en patinette et traversons la banlieue qui s’éveille doucement. Le pas est rapide et l’enthousiasme est grand. Les deux langues se mêlent et se succèdent dans les slogans : ‘Del Sur al Norte, del Este al Oeste, la lucha sigue’, ‘Paris, debout, soulève toi’, El pueblo unido jama sera vencido, ‘La dette c’est du racket’, ‘No,no,no, no me representan’. Les espagnols ont une petite chanson dont nous n’avons pas toutes les paroles mais qui dit en gros : ‘de l’argent par ici, de l’argent par là, de l’argent par devant de l’argent par derrière mais pour le peuple il n’y en a plus…’, le tout accompagné d’une petite chorégraphie collective joyeuse. Ils s’amusent comme des petits fous !

Vers 10 h nous rejoignons la Marche Méditerranéenne. C’est un grand moment de joie, on se retrouve, on s’embrasse. Ils sont là les Compagneros que nous avons accueillis à Nîmes, Blue, Anna, Miguel…Devant le panneau de Paris on se congratule et on se photographie, ils y sont enfin, après plus de deux mille kilomètre à pied. La grande ville est devant nous, quel accueil nous fera t-elle ?

Vers midi nous sommes sur le parvis de la Cité Universitaire et les Parisiens commencent à arriver ainsi que les deux Indignés Nîmois qui sont venus en train. D’immenses banderoles sont déployées sur les pelouses (et la banderole des indignés de Nîmes aussi). Une assemblée commence, dernière mise au point avant la manif. Il est rappellé que le mouvement refuse la violence et ne répondras aux provocations policières ou autres que par le plus grand calme. D’ailleurs une espagnole passe dans les rangs et dessine dans toutes les mains des cœurs au feutre rouge. Ce seront nos seules armes !

 

Les ateliers se mettent en place. On se peint le visage, les mains, les bras, si bien que certains finissent par ressembler vraiment à des Iroquois sur le sentier de la guerre. C’est coloré, joyeux. On fait aussi des pancartes, on met au point des actions de théâtre de rue. Les fanfares et les chorales répètent.

Il y a partout une immense énergie créatrice, un poignant sentiment de fraternisation qui abolit les frontières et les différences. Quelle foule magnifique !

Quelques journalistes sont là, pas des ‘officiels’ mais quand même Arte, RFI, Canal, TMC et une foule d’autres bien moins institutionnels…On se fait filmer, photographier, on répond aux interviews. Mention spéciale à une journaliste de RFI qui nous appuie de tout cœur et nous soutiens à fond.

C’est comme une veillée d’armes, on se prépare à affronter la capitale immense et chacun fourbit ses armes, elles sont faites de symboles et d’idées, elles sont généreuses, sincères, frêles et évanescentes comme des rêves. Mais il y a une grande détermination, chacun semble sûr de son bon droit.

Le repas est pris, et enfin la manif se forme. Nous sommes entre 1000 et 2000, c’est très peu pour une si grande ville mais cela suffit à former un joli cortège. Le courage n’a pas besoin du nombre et la vérité non plus !

Au début la manif est un peu silencieuse, presque intimidée. Il faut prendre ses repères, apprendre les slogans, les partager dans les deux langues, ce n’est pas si simple. Mais tout le monde se mélange sans hésitation, Espagnols et Français au coude à coude, comme un seul peuple que nous sommes.

Arrivés à Denfert Rochereau nous faisons une pause, envahissons la place un moment, puis par le Boulevard de Port Royal et Saint Michel nous pénétrons au cœur de la ville. La police est là, devant, derrière. Quelques uns sont chargés de protéger les banques et courent désespérément de l’une à l’autre, poursuivis par des manifestants déchaînés qui ne les lâchent pas. Malgré cette ridicule protection, toutes les banques sur le parcours seront huées (Culpables, culpables, culpables…ou Coupables, coupables,coupables, ça c’est facile à comprendre), taggués :‘Sang du peuple’, ‘Banqueros bandidos’, ‘Ladrones’ (voleurs), les distributeurs de monnaie sont systématiquement sabotés et scotchés.

Les flics renoncent vite à protéger les banques, ils se contentent de nous barrer l’accès à tous les jardins publics où ils ont peur que nous installions le campement (une fois sur les pelouses on n’est plus sous la juridiction de la Préfecture mais des services espaces verts de la Mairie et ils ne pourraient plus nous déloger). On fait un joli bruit maintenant, et en traversant le centre de Paris on met un beau souk dans la circulation. On passe devant Notre Dame, on traverse la Seine, passe l’Hôtel de Ville pour finalement arriver par la rue de Rivoli devant la Banque de France. Elle est bien sûr protégée par la Police. Un Indignés est capturé. On se regroupe devant les cars de flics en hurlant ‘Libérez nos camarades’ pendant une bonne demi-heure et personne ne bougera avant qu’il ne soit libre. Finalement la police relâche le camarade, salué par des cris de joie et de victoire. Victoire !

On se remet en marche. Depuis un moment certains ont ramassés des carreaux de plâtre, les ont cassés en mille morceaux et se sont mis à écrire partout, couvrant la chaussée, les trottoirs et les murs de slogans. On ne passe pas inaperçus et on laisse des traces ! Certains se couchent sur la chaussée, on dessine leur silhouette sur le sol, accompagnée de ‘victime du capitalisme’, ‘le capitalisme tue’ etc…Des clowns de rue courent dans tous les sens, interpellent les passants, se mêlent aux policiers et les caricaturent en prenant des poses sévères…

Vers la place des Vosges ou DSK se cache derrière un impressionnant dispositif policier la pluie se met à tomber dru, glacée et pénétrante. On traverse le Marais en longeant boutiques et galeries ‘branchées’, cafés et restaurants ou s’étalent insolemment le luxe et l’opulence. A deux pas, des miséreux partout, qui dorment sous la pluie…

La fatigue commence à se faire sentir et on commence à rêver à un bon abri au chaud, à un bon repas, au repos. La Bastille n’est plus très loin et vers 20 h nous l’atteignons enfin. On s’étale devant l’Opéra-Bastille, envahissant les trottoirs et un bon quart de la Place immense. Il y a pleins de robocops, il y en a partout, équipés pour le combat. Ils nous encerclent lentement, deux rangs de CRS complétés par un rang de cars de Police pour cacher aux passants ce qui se passe. On est à peine assis sur le trottoir sous la colonne de la Liberté que le dispositif policier se resserre. On nous ordonne de décamper et on doit s’exécuter de mauvaise grâce, en traînant les pieds. Cela ne va pas assez vite aux yeux des pandores et ils commencent à nous pousser avec leurs boucliers. On proteste, on crie, on essaye de résister par l’inertie. Petit à petit nous sommes tassés vers les trottoirs déjà surchargés de monde, parqués comme du bétail. Cela suffit ! On s’assied par terre sur la chaussée trempée et on lève nos mains vides, seul un petit cœur sur chaque paume, en criant ‘Liberté, Liberté’. Cela ne les arrête qu’un instant ! L’ambiance tourne vinaigre, les flics commencent à se saisir des gens assis par terre, les agrippant à plusieurs et tirant dessus pour les extraire. On crie, on proteste, on s’agrippe les uns aux autres. Certains se font cogner sans raisons et nous voyons disparaître un à un nos camarades derrière le cordon policier (ils sont relâchés immédiatement et jetés sur les trottoirs mais nous ne pouvons le voir).

Finalement nous quittons la chaussée et nous nous tassons là où on nous accorde de rester sous menace d’expulsion à deux heures du matin et avec interdiction formelle de poser les tentes. Nous avions pourtant l’autorisation de la Préfecture pour la manifestation et le rassemblement sur la Place de la Bastille jusqu’à Lundi mais ils ont choisis de nous harceler, d’intimider, de provoquer. Encerclés, avec interdiction de sortir ou de rentrer au travers des cordons policiers (enfin, pas partout, certains endroits de la barrière étant un peu plus ‘perméables’ que d’autres, mystère de l’arbitraire policier).  Garde à vue à ciel ouvert, comme à Belcourt !

Il est impossible de camper sereinement sur place ni ailleurs. Il pleut, il fait froid et tout le monde est épuisé. Se séparer semble la seule solution malgré l’impression de défaite que cela représente. Petit à petit l’hébergement s’organise. Un gymnase est disponible loin en banlieue, à Champigny, une galerie d’art est prêtée par un particulier sympathisant, des parisiens proposent d’héberger en petits groupes une partie des marcheurs…C’est lent, confus, nous sommes tous désorientés par le sort contraire…

Pour notre part nous serons pris en charge par un couple de Normand à qui une copine a prêté une piaule pour le week-end. Passés là par hasard ils découvrent que les Indignados sont à Paris. Ils nous préviennent que c’est tout petit, chez la copine, un peu en bordel et qu’il va falloir dormir par terre. On s’en fout et on les remercie chaudement. Juan est Urugayen et ils ont passés pas mal de temps en Espagne, à vendre des bijoux sur les trottoirs de Séville et d’ailleurs, ce qui explique leur sensibilité au mouvement des Indignados.. Ils reconnaissent qu’ils vivent un peu retirés dans leur coin mais qu’ils sont sensibles au mouvement des Indignés qui a toute leur sympathie. En tout cas ils essayent de vivre libres et conscients, agissant selon leur cœur autant qu’ils le peuvent. Ils sont très contents de nous aider et de faire eux aussi quelque chose pour le mouvement. On discutera chez eux jusque vers 4 h du mat. Milles merci à eux.

8.09.2011

On se lève vers dix heures, on prend un café au bistrot du coin et on quitte provisoirement nos amis (on les retrouveras tout à l’heure à la Bastille). On gare la voiture à proximité de la place et on s’achète un peu à manger au marché sur le boulevard Richard-Lenoir.

Il est midi, la place devant l’opéra n’est pas vide, les flics sont toujours là, c’est eux qui ont campé là, ces cons !

Ma foi on va pas se laisser intimider. On retrouve trois parisiennes rencontrées la veille à la cité U, un couple d’espagnols esseulés et on s’installe pour pique niquer devant les flics. On sort la banderole des Indignés Nîmois, on l’accroche à une barrière. Immédiatement les flics arrivent pour nous ordonner de la ranger, ce qu’on fait…très très lentement. Puis les copines parisiennes qui ont de la craie et se mettent à écrire sur le trottoir. Nouvelle intervention des flics, mais là on leur réponds fermement qu’on dégrade rien, qu’on aurait pu aussi bien utiliser de la peinture mais que nous on respecte l’environnement et patati patata…ils s’en vont dégoûtés et nous laissent faire.

D’ailleurs nous commençons à ne plus être seuls. De nombreux parisiens se joignent à nous puis les Marcheurs arrivent. A 14 h les débats commencent, environ 400 à 500 personnes sont là et forment l’assemblée. Il était prévu une conférence de Frédéric Lordon sur la dette, il est là mais refuse de monopoliser la parole et nous dit qu’il a plus à apprendre de nous que nous de lui. Voilà un intellectuel selon mon cœur, simple, généreux, modeste, il monte encore d’un cran dans mon estime (si c’est possible). Il parlera tout à l’heure, à son tour, comme tout un chacun.

Pour l’instant un appel à l’aide des marcheurs qui reviennent de Champigny (qu’ils auront eu du mal à rejoindre, menacés par les flics, voir le récit dans les mails) arrive par téléphone à l’assemblée. Ils sont  bloqués à la Gare de Lyon dans le métro par les CRS.

Encore ! C’est trop ! Comme un seul être une centaine de personnes se lèvent et se rassemblent. On marche à vive allure vers la Gare en faisant le plus de bruit possible, on ne sait pas très bien ce qu’on va faire mais il est impossible de laisser seuls nos amis et il faut se hâter. Pause devant la gare pour se rassembler et on rentre en masse dans le hall en faisant trembler les murs, on s’engouffre dans les couloirs du métro en criant « libérez nos camarades ». Et après un tournant, au bout d’un couloir, derrière les portillons, ils sont là, assis par terre, entourés par les milices du capital comme une tribu de Peaux rouges traînée dans une réserve. A nos cris qu’ils entendent rouler entre les murs, ils se lèvent. Les policiers se retournent vers nous ébahis. Nous marchons sur eux sans hésiter, en bloc, sautons les portillons et nous les noyons en un instant sous le nombre !

C’est eux qui sont encerclés et cela ne semble pas les rassurer. Ils mettent la main à la matraque mais que vont-ils faire les 6 ou 7 qui dans la confusion générale sont restés bloqués parmi nous ? Un ordre arrive, les CRS encore hors de la foule exfiltrent rapidement leurs collègues et reculent. Ils nous libèrent ! Hourrah ! On file en ressautant les portillons, « El pueblo unido… ».

 

L’assemblée a continué. C’est maintenant, après le constat et la dénonciation du désastre que la parole est donnée pour proposer des solutions.

Tout d’abord s’interroger sur le partage des richesses dans le monde. Nous, nous sommes dans le ventre de la bête et pour la nourrir il faut une armée de miséreux de part le monde. Malthus disait qu’il fallait éliminer les pauvres, bien trop prolifiques, dans les marais pestilentiels et autres lieux insalubres. Et, bordel de merde, qu’est ce qui se passe dans le bidonville ultra violent que notre mode de vie étend actuellement à toute la planète ? Comment donc allons nous panser les dégâts du Tchernobyl mental et social qu’impose actuellement à l’humanité l’idéologie ultra libérale ? En combien de temps pourrons nous en décontaminer ? Il faut stopper la régression, rallumer le feu de l’espoir sans lequel il n’y a aucun futur.

Ensuite est-on d’accord, il y a t-il des limites ou non à la capacité de l’humanité à croître et à se multiplier à la sueur de son front et en accouchant dans la douleur ? Trouverons nous les ressources pour donner à tous ? Autrement dit, pourrons nous trouver des solutions techniques pour ne pas épuiser Gaïa de nos désirs. Que pourrons nous tous avoir et de quoi avons-nous besoin?

Au-delà de ces questions, il est clair que nous sommes dominés par des gens forts satisfaits d’eux-mêmes et de la puissance qu’ils ont pu accumuler avec notre travail. Ces gens ont toujours été du bon coté de la matraque parce qu’ils peuvent se payer, de péres en fils, des chiens de garde bien dressés. Ils n’ont même pas reculé d’horreur devant la folie nazie et une Indignée l’a rappelé, Business über alles !

Nous n’avons rien à leur dire ni à leur demander. Ils nous appâtent avec leurs slogans inscrits aux frontons des mairies (mais de fait, c’est « Liber(quoi ?), égali(qui ?), Fraterni (quand ?) »). Ce sont des mots que leurs actions démentent tous les jours. 

Il n’y a pas de fatalité à l’injustice, s’ils sont grands c’est que nous sommes à genoux ! Rise up !

Alors, Lordon qu’a-t-il dit finalement?

Tout d’abord détruire le pouvoir financier, casser le racket de la dette. Pour cela nationaliser les banques. Cela va coûter cher ? Et bien non, nous avons assez payés, c’est à nous, nous allons tout simplement les saisir !

Avec une réserve impérative : ne pas laisser à l’Etat la puissance de l’argent, c’est un bien collectif, un instrument social qui ne peut être aux mains de quelques uns seulement. Il faut des banques locales, indépendantes, mutualisées, coopératives pour que l’argent aille à ceux qui en ont besoin. Ce seras un des débuts de nos actions, c’est une exigence de salut public !

Il s’est arrêté là et a laissé la parole à d’autres mais on peut ajouter qu’en franchissant enfin ce pas pour s’affranchir du pouvoir des marchands nous entendons re évolutionner le monde !

 

Nous avons quittés l’assemblée vers 18 h, fait de nouveaux adieux à nos frères et sœurs de combat, la rage au cœur de les laisser face à l’hypocrisie doucereuse et veule de Delanoë, le ‘Socialiste’, à la froide brutalité calculée de Guéant, le ‘Libéral’.

Le dernier Indignados que nous avons croisés, distribuant des tracts boulevard Richard-Lenoir, nous a dit qu’il ne reviendrais jamais à Nîmes car il irait dans toutes les autres villes, partout, là où les Indignés devraient être. Il a rajouté : « ils m’obligent au chômage ? J’ai trouvé de quoi faire ! ».

Alors, Paris ? Tu as vu passer les Marcheurs. Tu as entendu le verdict du peuple qui a désigné certains des responsables. ‘Culpables’, ceux là le sont !

Alors Paris, si couché, aligné au désir du maître, tu ne te soulève pas, nous nous irons ailleurs porter la révolte. Tu as laissé faire par tes édiles et tes maîtres un accueil de merde à un mouvement pacifique, autonome et spontané, pour la Justice et la Liberté, un mouvement Internationaliste pour la Fraternité et la Coopération, quelque chose d’enfin neuf parmi un océan de résignés.

Nous t’avons fait peur ? Tu pense nous ignorer ?

Brise donc les rêves de ceux qui ont la santé mentale de s’indigner et le courage de se lever pour tous.

Qui sème la misère récolte la colère !

Tous à Bruxelles ! 

Del Sur al Norte, del Este al Oeste, la lucha sigue !

On lâche rien ! 

Un Indignados du monde.